Quand les trois coups résonnent et que le rideau se lève, les acteurs-manipulateurs entrent dans la danse, tantôt soldats et messagers, tantôt gardes du corps et serviteurs. Toute la cour d’Angleterre est là, plus vraie que nature ! Trois danseurs, deux porteurs de voix et un comédien unissent leurs talents pour illuminer le plateau, intensifier s’il est possible la puissance des vers shakespeariens et la folie de Richard III. Les corps-pantins s’agitent, combattent, déclament, se lamentent, dans « des tableaux vivants aussi beaux que complexes ». Le metteur en scène Yoann Pencolé impose sa propre dramaturgie dès la scène martiale inaugurale - tout en respectant mot pour mot la traduction de Jean-Michel Desprat - recentrant son récit sur la trajectoire du tyran : « un génie monstrueux, grotesque et fascinant ». Un spectacle total et hybride ponctué de trouvailles visuelles symboliques ou burlesques qui, jamais, ne diluent l’épaisseur dramatique de la pièce.