Présenté par la Coopérative de Mai ( Lic:L-R-22-13722/0121 )
Nourris par les rencontres et les groupes qu’ils voient défiler au quotidien, les membres de chest. trouvent rapidement leur touche créative entre musique dure et joie pure d’une formation qui éclot de manière ultra-naturelle, hybridant les influences de chacun pour un résultat hautement personnel. Loin de se prendre au sérieux, la formation verse souvent dans le second degré, faisant de l’auto-dérision et de l’amitié qui lie ses membres deux composantes majeures de son identité. Mais s’il est volontiers question d’énergie et de volume sur ses morceaux, chest. entend y exprimer aussi son amour pour les mélodies qui rassemblent et la musique électronique qui frappe. Baigné d’influences anglaises intemporelles, le groupe équilibre son travail sur le son et la composition, quelque part entre tentations mélodiques, envie réelle de faire danser et raz-de-marée sonique. Car depuis ses débuts chest. ne rêve que d’une chose : devenir une véritable machine de guerre scénique, du genre à faire transpirer les foules et faire sourire dans les pogos.
Chest. incarne la future tête de proue d’une scène rock française qui n’a plus peur de rien. Un groupe capable de rassembler sans baisser les yeux ni son niveau d'exigence artistique.
Un drôle de hasard. Il a vraiment fallu un drôle de hasard pour donner naissance à ce groupe au nom bizarre, qui en dépit de sa consonnance un peu loser a dès ses premiers pas posés les jalons d’un certain succès. D’abord le hasard qui a mené Ric Lara à 9000 bornes de la capitale mexicaine qui l’a vu grandir et à laquelle sa formation a emprunté son nom : DF pour Distrito Federal, l’autre nom de Mexico. DF est aussi le théâtre du roman Les détectives sauvages du chilien Roberto Bolaño, qui l’avait beaucoup inspiré lors de l’écriture de leur premier EP.
Il a fallu aussi l’idée saugrenue des Stay Hungry sessions née à l’automne 2021 quand le covid nous la jouait redi? : avec l’aide de Grégoire Couvert et d’Enir Da, Ricardo recevait, à la maison, des musiciens sommés de jouer sur des instruments atypiques voire expérimentaux, puis de s’attabler pour discuter le bout de gras au cours d’un entretien, dont la teneur serait ensuite donnée en voix o.
Dééfait est un rituel occulte d’invocation tribale, une introspection en apnée, une exploration inversée, un trajet sinueux à travers les eaux saumâtres et filandreuses du rock psychédélique. Et lorsque s’évanouissent les dernières notes de ce disque dans une reverb’ finale, on se demande si le quintet lui-même nous y a guidés ou s’y est au contraire lui-même laissé entraîner, mené comme en transe par des forces qui le dépassent, tentant d’en garder la maîtrise, de les dompter, croyant en sa chance, en son destin, espérant qu’encore une fois, le hasard…
Décidément oui, le hasard fait bien les choses.