Présenté par Le Théâtre Gérard Philipe (1-1074856)
Quelles sont les marques laissées par l’enfance ? Quelles sont les batailles qui ont marqué la vie des inconnus qu’on croise dans la rue ? Personne n’a simplement enjambé trois collines pour se prélasser dans une prairie ; l’enfance laisse des traces chez les adultes comme les ronces sur un genou. Et ça, c’est quand tout se passe plus ou moins normalement. Mais quand ça ripe ?
Quand quelque chose semble ne pas convenir, semble ne pas être dans la norme, quand la différence se fait sentir dès la cour de l’école. Le poids d’un corps qu’on juge, la lenteur d’une pensée qu’on pointe, le chaos d’une maison qu’on quitte chaque jour en mettant son petit cartable sur son dos. Pour écrire Ces filles qu’on attend, Claudine Galea, accompagnée des trois interprètes du spectacle, a rencontré des jeunes filles de Saint-Denis en train de grandir.
Elle a recueilli leurs mots – parfois rares, parfois rugueux – pour en faire un texte dans lequel elle trace, à toute allure, trois histoires héroïques d’adolescentes. Elle les écoute marcher dans les rues au temps présent et les encourage à foncer droit vers leur avenir.
Elsa Granat met en scène ces trois chemins de vie et poursuit sa recherche sur la place de l’enfant dans nos sociétés, le dernier maillon du vulnérable. Ce spectacle, entamé il y a trois ans à l’initiative de Julie Deliquet, dans le cadre du festival L’Équipé·e, s’est poursuivi grâce au travail de terrain qu’ont mené les interprètes et l’autrice. Cette saison, une metteuse en scène s’en empare pour le mener à son terme, démontrant ainsi que le théâtre peut aujourd’hui être créé collaborativement à partir du réel. Une chaîne ludique comme un cadavre exquis, pour raconter l’histoire des vivantes exquises.