Ce que tu écoutes ce sont mes tripes”. Voilà le contrat que propose Léman, avec son premier album, vertigineux et qui plonge profondément en lui pour faire une musique habitée et pop de haute facture. Après s’être présenté brièvement mais brillamment avec son EP “On est plein”, Léman, qu’on a découvert dans l’édition 6 de The Voice, se déploie pleinement avec son premier album. Nourri au métal, à l’électro, au rap mainstream et à la pop, l’artiste, passé par le conservatoire de Villeurbanne, est un profil atypique, un spécimen rare, qui plie la technique qu’il maîtrise parfaitement pour toucher les cœurs.
En passant du format court au long, Léman n’a rien perdu de sa verve mélodique, ni de son aisance à trousser des comptines, où se bousculent ses souvenirs, ses rêves, ses déceptions et aussi ses constats sur la société, déposées sur la toile de fond musicale formée par toutes ses influences, de SebAstian en passant par Radiohead ou OrelSan.
Léman sait prendre la plume autant pour montrer et panser ses plaies, que pour dénoncer celles du monde. Il s’inscrit ainsi dans la tradition de la chanson réaliste française, populaire et qui n’oublie pas ses marges, que dans la protest song, avec des incursions régulières dans la pop-rock, dans laquelle on reconnaît l’influence de Muse, le célèbre groupe pop-rock emmené par Matthew Bellamy. À l’instar du groupe trentenaire, Léman a la tessiture pour enflammer autant les stades que les salles les plus intimistes tant sa palette vocale a une amplitude large, même si elle se balade souvent dans les aigus.
Avec ce premier album, Adieu musique, Léman nous convoque dans son grand théâtre de la vie, où il fait entrer l’intime et le public, son monde intérieur et la société, dans la lignée d’un Balavoine la tête dans les étoiles, les pieds bien dans sa génération. “Mélancolie jolie”, aux accents bellamyens, ou encore fait le portrait de l’homme en artiste, sujet aux doutes, à la vulnérabilité, qui l’empoisonnent et font de lui “une colombe aux ailes mazoutées”, qui chante de ses toutes forces pour échapper à son sortilège délétère.