Présenté par la Société Tropézienne des Amis de la Musique (L.21079134) Avec le soutien de la Communede Saint-Tropez
Avec la Sonate « à Kreutzer », David Bismuth et Eva Zavaro donnent vie à l’une des œuvres les plus audacieuses et les plus passionnées de Ludwig van Beethoven. Composée en 1803, cette neuvième sonate pour violon et piano, dédiée au violoniste Rodolphe Kreutzer, dépasse les cadres de la musique de salon : elle est un véritable théâtre instrumental, un dialogue de forces, de contrastes et d’émotions.
Dès les premières mesures, le violon d’Eva Zavaro et le piano de David Bismuth se répondent avec intensité. Loin d’un simple accompagnement, les deux instruments se partagent la parole, se provoquent, s’élancent et s’écoutent. La virtuosité y devient langage : elle exprime l’urgence, le désir de liberté, la tension dramatique et l’élan vers la lumière qui traversent toute l’œuvre de Beethoven.
Le premier mouvement, vaste et incandescent, ouvre un espace de confrontation et d’élan. Le violon chante, s’enflamme, puis laisse le piano prolonger ou transformer son discours. Le deuxième mouvement apporte une respiration plus intérieure : les variations font naître une succession de climats, de la tendresse la plus simple à une ferveur presque héroïque. Enfin, le finale emporte les interprètes et le public dans une course brillante, rythmée et jubilatoire, où l’énergie de la danse rejoint la puissance du drame.
La rencontre entre Eva Zavaro et David Bismuth met en lumière l’extraordinaire modernité de cette partition. Leur dialogue fait entendre les multiples visages de Beethoven : le compositeur fougueux, le poète du silence, l’architecte de formes monumentales et l’inventeur d’un nouveau rapport entre les instruments.
La Sonate « à Kreutzer » est une œuvre de contraste et de feu, mais aussi d’écoute et de complicité. Elle invite l’auditeur à suivre deux solistes dans une aventure musicale d’une rare intensité, où chaque phrase semble naître dans l’instant. Un moment de musique de chambre puissant et vivant, porté par la virtuosité, la sensibilité et l’engagement de deux grands interprètes.