Présenté par Veryshow Productions (2-008286/3-008497).
Pour Ariel Posen, l’écriture de chansons et le jeu de guitare ont toujours été indissociables. Depuis dix ans, il construit un pont entre ces deux univers, conciliant son travail de guitariste virtuose — avec des collaborations allant de John Mayer à Tom Jones — et des albums solo ancrés dans la mélodie et le récit autobiographique. Il en résulte une carrière aussi riche et variée que sa musique. Entre ses performances au Crossroads Guitar Festival d’Eric Clapton, son propre modèle signature Fender Stratocaster et une voix puissante à la hauteur de son jeu de guitare, Posen explore des territoires inédits, brouillant au passage les frontières entre les genres et les générations.
Sur son dernier album, « Bannatyne », cette exploration ramène Posen à l’endroit où tout a commencé. Baptisé d’après une avenue de sa ville natale de Winnipeg, au Manitoba, ce disque parle de la nécessité de revisiter son passé pour mieux apprécier le présent. À travers ses 12 titres se mêlent des riffs imposants et des tempos entraînants — un clin d’œil au rock des années 1990 qui a bercé l’enfance de Posen — ainsi que les grooves syncopés et les textures audacieuses et inattendues qui ont toujours guidé son travail. Nourri autant par l’énergie brute de ses concerts — où Posen n’hésite pas à brancher sa guitare et à laisser parler sa virtuosité, ce qui a conduit Rolling Stone à le qualifier de « héros moderne de la guitare » — que par la précision de son écriture, « Bannatyne » offre le portrait 360 d’un artiste en pleine évolution, à la poursuite de nouveaux horizons tout en restant fidèle à ses racines musicales.
Cette idée d’« aller vers quelque chose de nouveau » guide Posen depuis des années, depuis que « How Long » a dévoilé en 2019 son mélange de rock & roll soulful, de R&B et d’Americana amplifiée. Les albums suivants, comme « Headway » et « Reasons Why », ont considérablement élargi cette palette sonore, tandis que le projet « Mile End » — une trilogie de disques remplis d’instrumentaux de guitare improvisés — mettait en lumière une autre forme d’expression. « Bannatyne » explore lui aussi de nouveaux territoires. On y retrouve des invités comme les Canadiens City and Colour (présent sur le titre rugueux et groovy « Empty-Handed ») et Kathleen Edwards (qui partage le chant avec Posen sur la ballade dépouillée et lente « More Me With You »). On y entend aussi des hymnes à vivre l’instant présent comme « Future Present Tense », ponctués d’harmonies superposées et d’éclats de guitare saturée. Entre accordages alternatifs, chant tout en douceur et paroles sur les foyers que nous laissons tous derrière nous, Posen, éternel voyageur de la route, continue de sculpter son identité sonore album après album.
« Chaque disque me permet de me découvrir un peu plus », dit-il. « Je ne suis pas seulement auteur-compositeur, et je ne suis pas seulement guitariste. Je suis les deux à la fois. Je prends ces univers auxquels je me sens profondément lié, et je les réunis, en penchant vers l’un ou l’autre selon mes envies. Avec « Bannatyne », l’idée était d’être un peu plus sale, plus brut, moins poli dans mes interprétations. Je n’ai pas cherché la perfection absolue ni une exécution trop propre. Je me suis simplement fié à ce qui me semblait juste. »