Du 4 au 25 juillet 2026, Avignon devient, pour la 80e fois, la capitale mondiale du spectacle vivant. Cette édition anniversaire, placée sous le signe du doute et des grandes questions, est portée par 47 créations, près de 300 représentations et 15 000 places supplémentaires par rapport à 2025. Le directeur Tiago Rodrigues a choisi de faire du festival une "grande fête des questions", citant Nietzsche pour poser le cadre : "Ce n'est pas le doute, c'est la certitude qui rend fou." Avec pour langue invitée le coréen et une majorité inédite de femmes aux commandes des créations (27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs), le programme 2026 s'annonce comme l'un des plus riches et des plus singuliers de la décennie. Voici 10 spectacles que vous ne pouvez vraiment pas manquer.
Gymnase du lycée Aubanel — du 11 au 23 juillet (sauf les 13 et 18)
Théâtre
Christiane Jatahy, l'une des metteuses en scène les plus politiques de sa génération, revient à Avignon avec un partenaire de choc : l'acteur et réalisateur brésilien Wagner Moura, mondialement connu pour son rôle dans Narcos. Ensemble, ils s'emparent d'Ibsen pour parler du monde d'aujourd'hui : la démocratie fragilisée, la vérité contestée, l'ère des fake news. Un procès – après l'ennemi du peuple n'est pas une simple adaptation, c'est une collision entre un texte du XIXe siècle et les grandes fractures contemporaines. Le spectacle sera également présenté au Holland Festival d'Amsterdam et à l'Edinburgh International Festival après Avignon.
Cour d'honneur du Palais des Papes — du 4 au 12 juillet (sauf le 7)
Théâtre
C'est le spectacle d'ouverture, le plus attendu, celui qui porte le festival sur ses épaules dès le premier soir. Julien Gosselin, directeur du Théâtre national de l'Odéon depuis 2024, retrouve la Cour d'honneur du Palais des Papes dix ans après son légendaire 2666. Cette nouvelle création mêle l'écriture des Chants de Maldoror de Lautréamont et celle de Roberto Bolaño, dans une fresque sombre, littéraire et démesurée, qui interroge "la fascination que peuvent avoir les écrivains pour le mal". Une proposition à très grande échelle, exactement là où Avignon se rêve encore immense.
Cour d'honneur du Palais des Papes — du 22 au 25 juillet
Cirque
Pour la première fois de son histoire, la Cour d'honneur accueille du cirque. Le Collectif XY, après une tournée triomphale depuis la création du spectacle en mai 2025 au Phénix – Scène nationale de Valenciennes, apporte Le Pas du monde dans le lieu le plus iconique du festival. Des corps qui s'élèvent, se rattrapent, forment des paysages humains : il y a dans la proposition du Collectif XY une dimension collective, presque chorale, qui résonne parfaitement avec l'esprit de cette édition anniversaire. En 1967, Jean Vilar avait osé la danse dans la Cour ; en 2026, c'est le cirque qui y entre.
Carrière de Boulbon — du 13 au 25 juillet (sauf les 15 et 20)
Théâtre
Le collectif belge tg STAN est une légende vivante des scènes européennes, et leur rapport à Molière n'est pas une révérence muséale : c'est une exploration, un jeu, une mise en crise joyeuse du répertoire. 1, 2, 3 Poquelin s'annonce comme une plongée dans l'univers du dramaturge français à travers le prisme singulier de cette compagnie qui fait du théâtre un acte vivant et imprévisible. Le spectacle est coproduit avec les Nuits de Fourvière à Lyon, signe de son ambition et de son ancrage dans le grand circuit du spectacle vivant européen.
L'Autre Scène du Grand Avignon – Vedène — du 12 au 24 juillet (sauf les 15 et 19)
Théâtre
Valérie Dréville est l'une des grandes actrices du théâtre français. Dans Thésée, sa vie nouvelle, elle s'associe au metteur en scène belge Guy Cassiers pour traverser le mythe du héros grec à hauteur d'homme, dans une proposition qui mêle récit intime et épopée. Le spectacle a été créé en coproduction avec le festival Tempo Forte de Vidy Lausanne. Avec Cassiers à la mise en scène, on peut s'attendre à une esthétique forte, à une scénographie qui parle autant que les mots. Une rencontre entre deux univers artistiques qui n'avait pas encore eu lieu à Avignon.
Cour d'honneur du Palais des Papes — les 15 et 16 juillet
Lecture-performance
Deux représentations seulement, dans la Cour d'honneur : Oiseau est le spectacle le plus rare de cette édition. Julie Deliquet met en espace un chapitre du dernier roman d'Han Kang – la prix Nobel de littérature 2024 – dans une version franco-coréenne portée par Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee. Une lecture-performance à la croisée de la littérature mondiale et du théâtre, dans le lieu le plus chargé d'histoire du festival. Pour deux soirées uniques, irremplaçables.
Cloître des Célestins — du 4 au 12 juillet (sauf le 7)
Théâtre / Performance
Rébecca Chaillon avait marqué les esprits en 2023 avec Carte noire nommée désir. Elle revient à Avignon avec La Parabole du seum, une forme mêlant performance et récit pour donner une place à celles et ceux que l'histoire a privés de parole. Le spectacle est coproduit avec le Wiener Festwochen de Milo Rau, l'un des festivals les plus exigeants d'Europe. Chaillon travaille dans un espace où le corps politique et le corps intime ne font qu'un : ses propositions ne se regardent pas, elles se ressentent.
Gymnase du lycée Mistral — du 10 au 14 juillet
Théâtre / Performance / Cuisine
Jaha Koo est l'artiste coréen le plus connu en France, habitué du Festival d'Automne à Paris. À Avignon 2026, il présente trois spectacles – Cuckoo, The History of Korean Western Theatre et Haribo Kimchi – au cœur du focus coréen de cette édition dont le coréen est la langue invitée. Haribo Kimchi est la proposition la plus singulière du triptyque : une forme qui mêle scène et cuisine, avec dégustation à la clé. On ne sait pas exactement ce qu'on va y vivre, et c'est exactement pour ça qu'il faut y aller.
Cour du lycée Saint-Joseph — du 16 au 22 juillet (sauf le 19)
Théâtre / Performance
Le collectif britannique Forced Entertainment est une référence absolue du théâtre post-dramatique depuis plus de quarante ans. Everything Must Go plonge dans un monde dystopique où les humains s'expriment à travers des voix d'intelligence artificielle. Une proposition qui interroge ce qui reste de l'humain quand les mots lui sont délégués, et qui résonne avec une acuité particulière dans le contexte actuel. Premier passage du collectif au Festival d'Avignon, dans une édition qui programme 67% d'artistes pour la première fois.
Cour du lycée Saint-Joseph — du 5 au 12 juillet (sauf le 8)
Danse / Performance
Un degré Celsius de plus dans l'atmosphère : la chorégraphe coréenne Sung Im Her a créé ce spectacle à Séoul autour de la relation entre le corps et le réchauffement climatique. La danse y est physique, portée par une bande-son électronique dense, dans un rapport presque charnel à l'urgence écologique. C'est l'une des propositions du focus coréen de cette 80e édition qui articule le plus clairement politique du corps et politique du monde. Une voix nouvelle, à Avignon pour la première fois.
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