Le 27 mars 2024 se déroule une nouvelle journée mondiale du théâtre, mais ça consiste en quoi au juste ? Une chose est sûre : contrairement à trop d’idées reçues, ce n’est pas un loisir réservé à une élite ! Voici ce qu’il faut savoir (et aller voir) pour honorer dignement cette journée.
La première journée mondiale du théâtre (ou World Theatre Day) a eu lieu le 27 mars 1962 lors de l’ouverture de la saison “Théâtre des Nations”, à Paris. Elle fête donc ses 62 ans cette année. Elle a été créée par l’Institut International du Théâtre (ITI) pour honorer l’art théâtral, inciter les spectateurs à aller voir des pièces, promouvoir la pratique du théâtre amateur et encourager les artistes à partager cet art avec passion.
Chaque année, la journée mondiale du théâtre répond à une tradition : la diffusion du message d’une personnalité invitée par l’ITI. Le premier à avoir diffusé sa réflexion sur le monde du théâtre et la paix dans le monde était l’artiste Jean Cocteau, tour à tour écrivain, poète, cinéaste, peintre et dramaturge. Cette année, c’est l’écrivain Jon Fosse, lauréat du prix Nobel de littérature 2023, qui lui succède.
Et c’est une mission de taille : le message de Jon Fosse va être traduit dans une vingtaine de langues et sera lu devant des dizaines de milliers de spectateurs avant la représentation du soir dans des théâtres du monde entier.
Reconnu pour son lien avec l'UNESCO, l'Institut International du Théâtre (ITI) promeut activement le théâtre pour rapprocher les cultures et sensibiliser à des enjeux mondiaux. En célébrant la Journée mondiale du théâtre, l'ITI souligne l'importance de l'art dans le développement et la paix.
Dans ce contexte, le message de Jon Fosse, qui va résonner dans une multitude de langues, porte en lui l'espoir d'une prise de conscience universelle. En ces temps où les appels à la paix se font plus pressants, les mots de Fosse pourraient témoigner du pouvoir transformateur du théâtre sur l'opinion publique et sur le monde.
Comment fêter la journée mondiale du théâtre ? En allant voir une pièce bien sûr ! Voici nos 5 coups de cœur parmi les sorties théâtrales du moment. Impossible de ne pas s’y retrouver, il y en a pour tous les goûts.
C’est une histoire cruellement drôle, une pièce à ne louper sous aucun prétexte. Elle se déroule en 1942 en France, pendant l’occupation. Sept amis se retrouvent pour fêter un anniversaire, malgré les restrictions. Soudain, deux Allemands sont abattus au pied de l’immeuble.
Ce dernier est investi par les soldats de l’occupation et un officier SS impose aux amis un terrible dilemme : ils ont deux heures pour choisir les deux convives qui deviendront des otages. L’ambiance festive vire rapidement et les tensions éclatent, ceux qui apparaissaient comme des gens bien sous tous rapports révèlent leur côté noir et bestial. Bienvenue au repas des fauves.
Le repas des fauves connaît un grand succès et les éloges des critiques. Lors des Molières 2011, elle a été nommée dans 4 catégories et a gagné 3 récompenses : Molière de l'adaptateur, Molière du metteur en scène et Molière du théâtre privé. Depuis septembre 2023, elle est de nouveau jouée au théâtre Hébertot.
Tessa est une brillante avocate dont la spécialité est de défendre les hommes accusés de viols et d’agressions sexuelles. Méticuleuse, elle use de toutes les méthodes possibles pour décrédibiliser les victimes et gagne tous ses procès. Mais un jour, tout bascule : lors d’une soirée arrosée, elle est abusée par l’un de ses collègues. Alors qu’elle pense maîtriser tous les rouages d’une procédure judiciaire, la jeune avocate va les voir se refermer sur elle.
Une chose est sûre : on ne sort pas indemne de ce monologue bouleversant. Prima Facie, écrite par l’Australo-Britannique et ancienne pénaliste Suzie Miller, a connu un succès mondial. Elle dresse un constat fort : quelque chose doit changer dans notre système judiciaire façonné par des générations d’hommes. À découvrir au Théâtre du Petit-Montparnasse jusque début avril.
Un jeu d’acteur incroyable et des interactions hilarantes autour d’une histoire cocasse. C’est comme ça que l’on pourrait résumer la pièce L’amour chez les autres dans laquelle vous retrouverez, entre autres, Virginie Hocq et Jonathan Lambert. Jouée au Théâtre Edouard VII, elle rassemble trois couples autour d’un dîner qui commençait pourtant bien.
Les trois hommes travaillent ensemble et se connaissent bien, mais les trois femmes sont bien différentes. Sous les apparences se cachent une histoire d’adultère, un alibi mal choisi et surtout, un vrai jeu de dupe dans lequel tout le monde ment… ou presque ! L’amour chez les autres est la pièce à aller voir pour passer un bon moment en couple ou entre amis.
Eve, brillamment interprétée par Sara Giraudeau, est une jeune femme totalement soumise à son conjoint Franck. Elle constitue pour lui une parfaite petite femme d’intérieur, plus proche du statut d’esclave que de celui de compagne. Ils vivent dans un appartement en sous-sol, dont l’unique fenêtre est en hauteur et grillagée. Seul Franck a le droit de sortir et en possède la clé. Et malgré tout, ce couple s’aime.
La pièce Le syndrome de l’oiseau, jouée au Théâtre du Petit Saint Martin tout le mois de mars, est un huis clos angoissant qui aborde toute la complexité de la dépendance affective poussée à son extrême. Le point de bascule se produit lorsqu’un événement imprévu va renverser le rapport de force. L'œuvre est inspirée en partie de l’histoire de Natascha Kampusch, cette jeune autrichienne séquestrée pendant plus de huit ans par son bourreau.
Je suis la maman du bourreau est l’adaptation du roman de David Lelait-Helo. Cette pièce est la sombre confession d’une mère qui découvre toute l’horreur dont est capable son fils adoré. Derrière l’apparence sévère de cette grande bourgeoise catholique, interprétée par Clémentine Célarié, se cache la touchante humanité d’une femme intimement blessée par ce qu’a commis la chair de sa chair.
Clémentine Célarié y est magistrale, elle transcende son rôle et livre une prestation largement saluée par la critique. On ne peut que vous conseiller d’aller la voir dans cette pièce qui se joue jusqu'au 4 mai au théâtre de La Pépinière à Paris.
Alors, cette année, qu’irez-vous voir pour fêter la 62e journée mondiale du théâtre ?
Une des explications les plus courantes remonte au XIXe siècle, à Paris. À cette époque, le succès d'une pièce de théâtre pouvait être mesuré par le nombre de calèches stationnées devant le théâtre.
Plus il y avait de calèches, plus il y avait de monde présent pour voir la pièce et cela voulait dire que les acteurs jouaient devant une salle comble. Dire "merde" faisait référence aux crottins laissés par les chevaux des calèches. Ainsi, souhaiter "merde" à quelqu'un signifiait espérer une forte affluence pendant le spectacle et le succès de la pièce.
La première théorie fait référérence à la légende selon laquelle Molière, le célèbre dramaturge français, serait mort à la suite d'un malaise sur scène en 1673, habillé d'un costume vert lors de sa représenation du Malade Imaginaire.
Bien que les détails de cette histoire soient largement débattus et que la cause exacte de sa mort reste incertaine, cette association entre le vert et un événement tragique a renforcé la croyance en sa malchance potentielle au théâtre.
La deuxième théorie suggère que le vert, en raison des procédés chimiques anciennement utilisés pour obtenir cette teinte, était toxique. Les pigments verts étaient souvent fabriqués à base de cuivre oxydé, vinaigre, citron ou urine, le rendant dangereux pour ceux qui les portaient ainsi que pour les artisans qui les produisaient.
Les acteurs portant des costumes verts pouvaient donc souffrir de maladies, voire mourir en raison de cette toxicité, ce qui a contribué à la naissance de la superstition.
Frapper trois séries de trois coups avant une pièce de théâtre est une tradition qui remonte au XIXe siècle. Cela sert à signaler le début imminent du spectacle et permettait de rassembler à la fois les artistes derrière le rideau et le public dans la salle avant le début du spectacle.
Les neuf coups avaient également une fonction pratique et permettaient aux acteurs de vérifier l'acoustique de la salle.
Faire une italienne signifie répéter un texte sans y mettre d'émotion ni de gestuelle, en se concentrant uniquement sur la diction et le rythme des répliques. L'objectif est de s'assurer que les acteurs maîtrisent parfaitement leur texte, peuvent délivrer leurs répliques avec fluidité et précision, et connaissent bien leurs enchaînements et ceux des autres acteurs.
Faire une allemande, est une répétition technique sans le texte, focalisée sur les déplacements et le positionnement des acteurs sur scène, ainsi que sur les changements de décor.