Théâtre

Alexis Michalik, une rencontre en six pièces

21.12.2022 Par Julien Wagner

Alexis Michalik est un comédien et metteur en scène heureux : ses six derniers spectacles sont des succès ininterrompus, au point de devenir de véritables institutions. À l’heure où Une histoire d’amour s’apprête à envahir également les écrans, il revient pour Headliner, sur quelques-unes de ses pièces… Rencontre.

Réservez vos places pour Alexis Michalik 

 

Le Porteur d’Histoire :


« À l’origine, Le Porteur d’histoire était un spectacle créé en janvier 2011 dans une forme courte pour le festival Mise en capsules au Ciné 13 théâtre - devenu depuis le théâtre Lepic - pour trois représentations. Cela a suffisamment marché pour qu’on décide d’en faire une forme longue. Ce qui fut fait en Avignon dans la petite salle des Béliers Parisiens en juillet 2011. On pensait faire alors quelques dates de tournée, six semaines de représentations au Théâtre 13. Mais quand on a finalement démarré au Studio des Champs-Élysées en 2013, le spectacle ne s’est plus jamais arrêté. Il a été joué plus de 3 000 fois à ce jour et il se joue toujours sur la scène du théâtre des Béliers Parisiens. Il a tourné dans tous les territoires francophones et dans le monde entier. C’est un conte de fées pour nous. Une chasse au trésor littéraire ! ».

 

Le Cercle des illusionnistes :


« Le Cercle des illusionnistes a été créé en 2014 à la Pépinière. C’était mon deuxième spectacle en tant qu’auteur et après le succès du Porteur d’histoire, je craignais de ne pas faire aussi bien. J’ai mis un an et demi à l’écrire. Il fallut 17 versions avant qu’il ne se fasse. La pièce est issue d’une anecdote que j’avais lue sur Robert-Houdin, célèbre illusionniste du 19e siècle, qui avait été envoyé en mission en Algérie afin deprouver aux chefs des tribus locales, que la magie française était plus puissante que celle de leurs marabouts. J’avais trouvé ça incroyable et de là, j’ai commencé à m’intéresser au personnage. J’ai découvert notamment qu’il avait un théâtre à Paris qui avait été racheté par Georges Méliès. Cela devenait une double histoire à raconter. Depuis 2014, c’est ma pièce qui a été jouée dans le plus de théâtres parisiens. Elle en est à plus de 1 000 représentations et a remporté trois Molières et son adaptation anglaise vient de débuter à Londres. Une pièce magique ! »

 

Edmond :


« À la base, Edmond était un scénario de film que je développais et on n’arrivait pas à le produire. Et un jour, je vais à Londres voir quelques spectacles, dont Shakespeare in love, adapté en pièce. J’ai trouvé ça formidable, hormis le fait qu’on venait finalement tous revoir le film sur scène. Si le film n’avait pas existé, la pièce aurait été encore plus merveilleuse. Ce fut le déclic pour créer Edmond d’abord au théâtre plutôt qu’au cinéma. Je ne me serais pas lancé dans cette aventure aussi ambitieuse, avec douze comédiens sur scène, si mes deux pièces précédentes n’avaient pas autant marché. Et finalement, le théâtre du Palais-Royal avait envie de se lancer dans ce projet de troupe à l’ancienne et j’ai donc adapté mon scénario en pièce. On l’a créé en septembre 2016 et il se joue toujours au Palais-Royal. Il a été vu par plus d’un million de spectateurs. Depuis, il a été monté un peu partout dans le monde, c’est assez extraordinaire. Je vais d’ailleurs le mettre en scène en juin prochain à Buenos-Aires avec des Argentins et il est finalement devenu un film en 2019 et que j’ai réalisé ».

 

Intra Muros :


« J’ai créé Intra Muros dans la foulée d’Edmond, en février 2017, parce que j’avais promis à Colette Nucci qui dirigeait le Théâtre 13, de faire une création pour son lieu, quand sa salle rouvrirait après deux ans de travaux. J’ai tenu parole. Je voulais absolument écrire ce spectacle en plateau, explorer cette façon de travailler avec les acteurs. J’avais donc choisi pour cette première distribution, de bons improvisateurs. J’ai passé trois heures avec trois équipes différentes à qui j’ai fait improviser sur des scènes. De là, j’en ai choisi une à qui j’ai raconté le synopsis du projet et on s’est mis au travail. On a monté le spectacle en trois semaines. Après le Théâtre 13, il a été repris à la Pépinière où il se joue depuis. Il a passé le cap des 1 500 représentations et a été monté un peu partout dans le monde aussi. Je suis très fier de ce spectacle… carcéral, bien sûr ! ».

Une histoire d’amour :


« Cette pièce est née d’une chanson qui me hantait, It Takes Time To Be A Man du groupe The Rapture et en l’écoutant, je voyais le final d’une pièce, mais je n’avais pas l’histoire qui allait avec. Au fur et à mesure, elle a fini par se développer dans ma tête. Au même moment, alors que j’écrivais une comédie plutôt légère, j’ai vécu une rupture douloureuse et j’ai alors voulu parler du deuil et de la perte d’amour. J’ai écrit la pièce courant l’été 2019 et je voulais la monter rapidement, tant que j’étais encore dans cette émotion. Une histoire d’amour a été jouée dès janvier 2020 et ce fut aussi pour moi l’occasion de remonter sur scène. Je trouvais que ça avait du sens d’interpréter le personnage de William. Pour les autres, j’ai demandé à deux amies de lire la pièce pour l’entendre et avoir leur avis et finalement, ce sont elles qui ont eu les rôles. Elles étaient bouleversantes. La pièce a marché fort jusqu’au confinement. J’ai profité de ce dernier pour écrire le scénario pour en faire un film. Je viens de le réaliser et le produire et il sortira fin mars. La pièce se joue jusqu’au 7 janvier à la Scala, après plus de 500 représentations ».


Les Producteurs :
 

« Cela faisait longtemps que je voulais monter Les Producteurs. On se souvient du film original de Mel Brooks en 1968, mais surtout de son adaptation en comédie musicale en 2001, elle-même devenue un film réalisé par Susan Stroman. Je me suis dit que ce serait formidable de voir ce spectacle dont il est issu et qu’un public français serait sensible à cet humour et cette histoire de producteurs voulant monter le pire spectacle du monde et qui créent une comédie musicale sur Hitler. Ce n’était qu’un doux rêve, de l’époque où je n’étais qu’un jeune comédien. Mais après Edmond, Stage Entertainment m’a demandé si je voulais monter une comédie musicale. Je leur ai parlé des Producteurs, qu’ils souhaitaient également produire depuis une quinzaine d’années. Mais les droits n’étaient pas libres. Quand ils l’ont enfin été, nous nous sommes lancés, au théâtre de Paris. Le spectacle fut hélas mis en pause pendant un an et demi à cause du confinement et il a pu être lancé en décembre 2021. Il a déjà cumulé 200 000 spectateurs à ce jour. C’est un bonheur de diriger une comédie musicale ! ».

Réservez vos places pour Alexis Michalik

Vous pourriez également être intéressé par