Monsieur Poulpe emmène son premier spectacle, Nombril, au Palais des Glaces à partir du 19 janvier. Deux micros pour simple décor : celui de la vérité dans lequel il se livre sans concession et celui de la dinguerie où il devient totalement imprévisible. Un numéro de funambule dont il livre ici quelques secrets.
Nombril parle notamment de la peur de la solitude. Est-ce pour l'éviter que vous faites autant participer le public pour ce seul en scène ?
Monsieur Poulpe : Oui, je vois ce spectacle comme un bac à sable et je trouve ça normal d’y faire participer les gens, qu’ils viennent jouer avec moi. J’ai toujours adoré casser le quatrième mur, c’était une évidence de le faire également sur scène
Quel est le plus difficile pour vous ? Vous livrer en toute intimité comme vous le faites ou partir dans des "dingueries" pour contrebalancer ?
MP : C’est justement trouver l’équilibre entre les deux qui est complexe et savoir bien doser. En général, dans la vie, je dose très mal. J’essaie de le faire avec ce spectacle et c’est très ludique à faire !
Les dingueries d'ailleurs sont-elles une part d'improvisation ou sont-elles écrites ?
MP : Je me suis réservé pas mal d’endroits où je peux improviser. J’avais trop peur d’être sur des rails et de sortir bêtement du texte pour au final, vite m’ennuyer. Donc, il y a quelques endroits précis dans le spectacle où j’ai des zones d’improvisation et l’interaction avec le public est une vraie source naturelle de fraîcheur pour moi.
Vous vous mettez à nu, allant même jusqu'à inviter le public à un questions/réponses. Avez-vous tout de même des sujets tabous ou faut-il pour vous être dans une totale transparence ?
MP : Quand je sens que c’est tabou je le dis. C’est aussi une expérimentation pour moi de savoir ce qui est tabou ou ce qu’il ne l’est pas. Mais pour l’instant, j’ai toujours répondu à toutes les questions !
Vous dites ne ressentir aucun trac avant de monter sur scène, mais avez-vous tout de même quelques rituels ? Des objets fétiches dans votre loge ?
MP : Non, j’évite au maximum de ritualiser ça, j’ai trop peur de basculer dans un trip de superstition. Je préfère me concentrer sur mon texte et égorger une chèvre avant chaque spectacle.
Quelles sont vos inspirations en termes d'humour pour ce spectacle ?
MP : Je pense que le côté absurde me vient d’Éric et Ramzy, mais j’ai vraiment essayé de fabriquer quelque chose de différent et de ne pas faire que de l’humour. J’ai voulu proposer un rodéo d’émotions pour le public : il y a du rire, mais il y a d’autres choses à ressentir.
Que retirez-vous pour le moment de cette première expérience scénique ?
MP : Le sentiment très excitant de ne pas comprendre ce métier et de devoir apprendre une nouvelle compétence. La gestion du public, de la fatigue, des aléas. Tout est si différent de ce que j’ai pu faire auparavant, c’est vraiment génial. J’ai aussi découvert que je joue pour des gens que je ne vois pas, à cause des lumières sur mon visage. Du coup, j’imagine des gens hyper beaux qui viennent me voir, c’est très épanouissant.
Quel est le prochain défi de Monsieur Poulpe ?
MP : Un showcase dans une Fnac ?
Nombril, Palais des Glaces, du 19 janvier au 25 février. À partir de 15 euros.