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Rencontre avec Aldebert pour sa 4ème vague d’Enfantillages…en tournée !

21.12.2022 Par Céline Hirsch

Dans un Zénith vide, tandis que ces collaborateurs s’affairent à installer matériel et décor, Aldebert le rockeur nous parle de création, de mots, des chansons pour enfant et donc de sa tournée pour Enfantillages 4. Une rencontre des plus agréables avec ce touche-à-tout amoureux de la langue qui abat un sérieux boulot sans se prendre au sérieux.

 

Headliner : Enfantillages 4 est en tournée. Après des salles intimes… quel est le programme ? 

Aldebert : Des Grands Espaces, comme disait Bashung. C’est une autre façon d’envisager le show, car dans les théâtres il y a une proximité, on voit les gens, on peut presque leur parler hors micro parfois. Là, on est dans une énergie très différente. Ce n’est pas mieux ou moins bien. Dans la réponse scène public, il y a une inertie : dans un Zénith, les applaudissements sont plus longs entre les chansons (donc j’ai un peu plus de temps de repos), le noir entre les chansons est plus important, alors hop, j’en profite pour me désaltérer. En revanche, quand le son du public monte, la vague est nettement plus grande, et ça, c’est cool. 

 

Un rituel avant de rentrer en scène ? 

Comme j’ai des problèmes de dos depuis plusieurs années, je me suis mis au crossfit pour m’entretenir. Avant de monter sur scène, je fais des étirements inspirés du Pilates, ce qui me permet d’arriver devant le public en pleine forme, et dans une belle énergie. 

 

Le moment juste avant de monter sur scène ? 

Du stress, du trac. Ça fait partie du boulot. C’est un phénomène sain. Si jamais je n’étais pas du tout flippé, ça signifierait que ça n’a pas d’importance et ça serait grave !

 

Et juste après ? 

C’est cool. On a encore l’adrénaline, on prend beaucoup de dopamine, donc il faut redescendre aussi. On se retrouve tous, musiciens, techniciens…dans le bus parfois quand on revient à la maison, ça se transforme en boîte de nuit. On a un petit système à l’intérieur du bus avec des lumières, et parfois c’est la fête !

 

Quelques mots sur le processus de création des Enfantillages 4 et celui de la tournée et de sa scénographie ? 

Il y a plusieurs temps. Déjà les chansons. Que je travaille autour d’un guitare voix très simple, puis j’envoie aux musiciens qui, eux, vont arranger, c’est-à-dire qu’ils vont orchestrer toute la maquette. Cette chanson une fois arrangée est proposée à un artiste, ou pas, et après on l’enregistre. Ensuite, on se demande comment habiller cette chanson pour aller sur scène. 

 

Ça ne vous arrive jamais d’écrire des chansons en les pensant directement pour la scène ? 

Si. Il y a des trucs où l’on se dit « tiens, ça peut être un gimmick scène, les gens vont chanter » ou « ça va péter », ça peut arriver. Il n’y a pas de règles. 


Sur cette tournée des Zénith, vous avez une scénographie très riche, avec une utilisation de nouvelles techniques telles que des projections vidéos, décor évolutif… pourquoi ce choix ? 

Ce qui me plaît, c’est de garder l’échange avec le public et ne pas mettre de distance. On sait, d’expérience, que l’outil vidéo peut tuer le show. Ça peut nous avaler. Surtout les enfants qui peuvent se concentrer uniquement sur les images. Et donc, sur scène, on n’existe plus. L’idée c’est de proposer des tableaux avec un décor qui va bouger légèrement, on va s’en servir comme fond. Pas comme animation. C’est un médium intéressant, à manipuler avec précaution. 

Vos techniciens apparaissent en vidéo à la fin, vous faites chanter des enfants (les vôtres et ceux des musiciens)… c’est important de montrer votre entourage, de mettre en lumière ceux qui participent dans l’ombre à la réussite du spectacle ? 

Oui et depuis le début. Idem pour les chansons et les collaborations. Sur Enfantillages 4, Calogero fait chanter sa fille, les Souchon sont entre père & fils. Je suis fils unique. J’ai toujours eu besoin d’être entouré, d’avoir plein de potes autour de moi. 

Sur la tournée, nous sommes 50. C’est important pour moi de savoir qui est là. De ne pas arriver en mode « re-sta, j’me la pète, j’sais pas qui joue avec moi, j’connais pas les prénoms des techniciens… »

 

C’est ce qui explique aussi que l’album Enfantillages 4 rassemble principalement des chansons en collaboration ? 

Ça a toujours été un peu collectif les Enfantillages. Sur le 1er Enfantillage, j’avais fédéré pas mal de monde grâce à des maquettes. Je bossais sur des concerts de soutien à Ingrid Betancourt par l’intermédiaire de Renaud, qui me présentait plein de gens. C’est là-bas que j’ai rencontré Anne Sylvestre, Maxime Le Forestier, Renan Luce. Comme je faisais des maquettes, je leur demandais ‘tu veux bien faire une chanson avec moi ?’, en espérant avoir 1 ou 2 duos, et j’ai eu 95% de retours positifs ! Je me suis donc retrouvé avec un album multi-interprètes. Ce côté multi-interprète est devenu une espèce de signature que j’ai gardée et déclinée sur les autres Enfantillages. 

 

Enfantillages 4, ce sont aussi des voyages comme celui en Ecosse avec les Souchon… 

Côté texte, je voulais faire d’Enfantillage un voyage autour du monde pour faire évoluer le vocabulaire de l’album. Et musicalement, c’était aussi intéressant. On a un petit peu timbré et coloré cet album avec ces musiques du monde. L’occasion d’avoir Peter Garrett et Youssou’n’Dour, des artistes internationaux, ce que je n’avais jamais eus. 

 

Et pour un rockeur d’origine, ça fait quoi d’avoir Peter Garrett de Midnight Oil en duo ?

Cool et improbable. J’avais pu décrocher 1 minute d’interview par son manager, j’ai juste eu le temps de lui donner Enfantillages 3 à l’époque et j’étais persuadé qu’il allait repartir avec et s’en faire un sous-bock. Mais ça a marché ! 

 

Des albums, des tutos parentaux décalés, des collaborations où vous allez poser votre voix sur les albums des autres (Tété, Archimède), des livres (Gaspard/Ed Glénat), votre voix sur des livres audio, vous dormez quand ? 

J’ai fait une musique de films aussi ! Double Foyer qui ortira en 2023. Ça va, j’ai fait une bonne nuit, quasi 9h. Sur des journées de concert, je n’ai pas le choix, je dois être à fond. Je fais attention, je ne fais pas la fête, je fais du sport. A quasi 50 balais, pas de choix. Et je délègue énormément de choses. 

 

Qu’est-ce qui vous donne envie d’aller vers tous ces médias et arts ? 

C’est du jeu. Il y a tellement de choses à faire en termes de création. Ce n’est vraiment pas une contrainte d’écrire des chansons. Quand on m’a proposé d’écrire pour Glénat, je me suis dit « cooool », parce que les mots sont des outils ! C’est un merveilleux moyen d’enrichir une chanson, un texte, de s’amuser avec et de faire découvrir des mots aux enfants qu’ils n’entendent pas forcément dans la vie de tous les jours. 

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