Présenté par Le Théâtre Gérard Philipe (1-1074856)
Imaginons une clinique où sont déployés les principes de la psychothérapie institutionnelle, inventée notamment par François Tosquelles et Jean Oury. Ici, comme à Saint-Alban ou à La Borde, on soigne l’institution pour soigner les malades. Des hommes et des femmes ont fait de ce lieu clos un lieu de passage, d’un lieu de soin un lieu de vie, où se dissipe la distinction entre infirmiers et médecins, entre soignants et soignés. Préparation des repas, ménage, ateliers de pratique artistique : tout donne lieu à des moments de partage.
Un soir, la fermeture de cet îlot protégé est annoncée. Il ne reste que 48 heures à vivre ensemble. Comment prendre soin jusqu’au bout de tout ce qui a été construit ? Comment dire au revoir ?
Une fête se prépare. Il faut décider d’un thème, cuisiner, créer un décor, trouver des costumes, écrire un texte.
Autant de rendez-vous qui ponctuent les deux derniers jours de ce microcosme.
Avec son équipe, Elsa Revcolevschi invente une forme à la hauteur de la communauté menacée, qui fait de sa forteresse une utopie. Loin d’un théâtre documentaire, le spectacle donne à voir des scènes de vie mêlant rêve et réalité, poésie et paroles du quotidien pour en faire un théâtre d’art puissant.
La force du spectacle réside dans sa capacité à célébrer la joie de vivre et du collectif tout en questionnant celle de nos politiques de santé publique à accueillir les malades. CONTREMARQUE A ECHANGER