En quelques mots

Claude M'Barali alias MC Solaar a débouté la violence du milieu rap par un  "solaarsenal"  de textes irrigués de jeux de mots, de figures de rhétorique, associés sur ses deux premiers albums à un sens aigu du groove et de gimmicks jazz. "Qui sème le vent récolte le tempo" sort en 1991, et introduit l'as des platines Jimmy Jay sur le devant de la scène. De  Bouge de là  à  Caroline, nombreuses sont les chansons qui allient un art du flow imparable, doublé de mélodies dansantes.  Après une escapade aux Etats-Unis aux côtés de Guru, MC Solaar publie "Prose Combat", qui le consacre meilleur artiste de l'année aux Victoires de la musique 1995.

Sur un sample de  Bonnie and Clyde  de Gainsbourg, Solaar parodie les ficelles du genre western dans  Western Modern, dénonce guerre et matérialisme dans  La Concubine de l'Hémoglobine  ou affirme son statut de maître de l'improvisation, entouré de Ménélik et des Sages poètes de la rue sur L 'NMIACCD'HTCK72KPDP  (= "L'ennemi a cessé d'acheter ses cassettes de cape et d'épée" ).  La suite détonne : après "Paradisiaque", sorti en 1998 sans la contribution de Jimmy Jay, MC Solaar s'engage sur la voie d'une variété ludique, d'un hip-hop mélodique loin des textures sonores urbaines et jazzy de ses deux premiers albums. "Cinquième As", "Mach 6" et "Chapitre 7", sortis en 2001, 2003 et 2007 inaugurent le versant R'n'B des textes d'MC Solaar, qui n'ont rien perdu de leur dimension ludique. Si le rappeur chantait en 1994  "la varièt' s'acoquine et rime avec obsolète", il démontre aujourd'hui qu'elle n'est plus désuète.

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