De Anton Tchekhov texte français Philippe Adrien et Vladimir Ant mise en scène Philippe Adrien
Scali Delpeyrat - Florence Janas - Jean-Pol Dubois - Etienne Bierry - Lisa Wurmser - Alexandrine Serre - Olivier Constant - Jana Bittnerova - Julien Villa - Jonathan Cohen - Vladimir Ant
Ivanov, ce n’est pas seulement un personnage avec un caractère, une psychologie et un destin singuliers, mais une figure expressément située dans une dimension éthique, culturelle tout à fait fondamentale. Ivanov est agnostique ; il apparaît néanmoins marqué,quasiment stigmatisé, par certaine interprétation du dogmequi porte à la souffrance et au sacrifice dans une quête infiniede Dieu. Chez un athée cette recherche vire à l’errance éperdue.La conduite d’Ivanov placée sous le signe de l’injonction chrétienne: « Aime ton prochain comme toi-même», mérite bien sûr d’être interrogée. Comme souvent chez Tchekhov, mais ici de façon particulièrement aiguë, nous ne parvenons pas à juger selon les critères du bien et du mal. C’est ce qui nous touche au cœur. Ivanov relève à l’évidence d’une autre justice qui saurait apprécier l’ambiguïté et la complexité des êtres humains. Ce questionnement vaut pour l’époque de Tchekhov, mais aussi pour notre culture dans son ensemble. Tout commence par le texte. Grâce au concours de Vladimir Ant, j’ai le privilège d’un accès direct à l’original et traduisant La Mouette, nous sentions qu’il y avait fort à faire pour rendre à Tchekhov sa vérité, sa simplicité, sa vigueur en français. Nous anticipions déjà sur Ivanov… Ce théâtre de Tchekhov semble avoir été inventé pour les acteurs, oui, pour leur permettre au début du vingtième siècle et encore aujourd’hui de concevoir, de développer, d’affiner les techniques de jeu de l’acteur moderne. Songeant à Ivanov, je me suis souvenu de Scali Delpeyrat qui a joué Hamlet dans ma mise en scène en 1997. Une évidence, et la perspective d’un travail exigeant pour incarner ce personnage qui nous apparaît aujourd’hui comme le type même du sujet masculin des temps modernes.