Vespro-Vesperor Une mise en écho des Vêpres à la Vierge de Monteverdi
Claudio Monteverdi avait introduit l'instrumentarium profane dans l'Eglise avec ses Vêpres. Arnaud Petit utilise les techniques vocales contemporaines et des instruments actuels tels que la guitare éléctrique et la contrebasse amplifiée pour son Vesperor. Deux concerts successifs, comme un écho entre deux modernités, deux époques.
Vespro della beata Vergine (1610) Claudio Monteverdi Avec ses Vêpres de la vierge, Monteverdi réalise dans le domaine de la musique religieuse le premier sommet de cet art nouveau que l’on dit baroque, qui naît dans les premières années du XVIIème siècle. Le chant accompagné par la basse continue est introduit dans l’église, après avoir permis la naissance de l’Opéra. Avec les Vêpres, Monteverdi réalise un chef d’œuvre d’art religieux. Les 5 psaumes sont encore ancrés dans la pratique polyphonique ancienne ainsi que dans le chant grégorien. Mais il introduit des motets dans le style le plus moderne, voix solistes accompagnées de la basse continue, dans un style particulièrement virtuose. Les textes de ces pièces sont ceux des antiennes de la liturgie, mais il intégre des pièces para-liturgique. Certains passages des Vêpres ont vu leur interprétation fortement renouvelée ces dernières années, bénéficiant des recherches des musicologues. Nous savons maintenant qu'ils doivent être chantés plus bas qu’ils ne sont écrit dans la partition (systéme des Chiavete). C'est dans cet esprit que que Luc Denoux travaille la partition de cette grande oeuvre du patrimoine musical.
Vesperor création 2008 Arnaud Petit Vesperor est un miroir à sa manière des Vêpres de Claudio Monteverdi. On retrouve dans les deux oeuvres une même préoccupation de la modernité et du sacré, et l'architecture musicale de la partition épouse peu ou prou les cinq parties découpées par Monteverdi, dans une alternance de passages quasi a capella et accompagnés Mais Vesperor, c'est à dire vers le soir, nous plonge dans une écriture résolument contemporaine. A.Petit s'éloigne des louanges lumineuses à la Vierge pour nous entrainer sur une autre chemin: celui du sentiment diffus qu'il y a dans l'inexplicable, dans ce qui nous échappe, la promesse d'une découverte majeure qui restera toujours à venir et que seule notre disparition pourra révéler. D'ici là, il y a le temps qui nous reste, il y a le soir vers lequel nous allons, en prenant le temps d'explorer, par la musique et le chant, l'étendue d'un territoire que nous ne connaissons pas.